
Où sont les éoliennes en mer en Normandie ?
4 parcs d'éoliennes en mer sont en développement en Normandie.
Ils se situent au large de Dieppe et de Fécamp en Seine Maritime, de Courselles dans le Calvados et de Barfleur dans la Manche. Ces parcs sont tous situés à plus de 10 km des côtes, parfois à 30 km.
Des mesures visent à limiter l'impact de ces éoliennes sur la pêche, sur les oiseaux et sur les mammifères marins. C’est pendant la période de construction que les impacts seront les plus forts.
Les emplacements des 4 parcs ont été choisis après des discussions parfois intenses avec les riverains et les marins. Ces emplacements ont, dans un cas, été complètement changés après des séries de rencontres.
Les parcs éoliens en mer doivent être situés dans des zones balayées par des vents puissants et réguliers et ayant une faible profondeur d’eau. Ils doivent être éloignés des côtes pour préserver les paysages et les espèces du littoral.
En Normandie, 4 parcs sont à des différentes étapes d’avancement.
Le Parc d'éoliennes de Dieppe - Le Tréport.
62 éoliennes sont en cours d'édification dans ce parc situé au large, à 15,5 km du Tréport et à 17 km de Dieppe. La superficie du parc est de 112 km2, un espace assez grand pour permettre d'espacer les éoliennes de 1,2 km entre elles en moyenne. Le projet a été lancé en 2014 et le parc devrait être en activité en 2025. Sa puissance est de 498 Mégawatts, ce qui est de l'ordre d'une centrale thermique classique (charbon, fioul ou gaz). Le parc devrait fournir en électricité 850.000 personnes, ce qui l'équivalent des 2/3 de la population de Seine Maritime. L'électricité produite par ce parc d'éoliennes devrait être utilisée en Normandie et dans les Hauts de France.
Le Parc d'éoliennes de Fécamp.
Ce parc est le plus avancé de Normandie. Sa mise en service doit intervenir à l'hiver 2023-2024. 71 éoliennes sont situées au large, à une distance de 13 à 24 km de Fécamp. L'emplacement a été choisi sur une zone de moindre activité de pêche. Sa puissance de 500 mégawatts, qui équivaut à celle d'une centrale thermique, permettra de fournir en électricité 770.000 personnes, soit l'équivalent de 60% de la population de Seine Maritime.
Le Parc d'éoliennes du Calvados, au large de Courseulles.
Ce sont ici 64 éoliennes qui sont en cours d'édification à 10 km au large des côtes du Bessin. D'une puissance de 450 mégawatts, ce parc devrait alimenter en électricité 630.000 personnes, soit 90% de la population du Calvados. En juin 2023, deux câbles sous-marins pour relier le parc au réseau électrique terrestre ont été posés par 30 m de fond et recouverts de sable. Le parc devrait rentrer en activité en 2025.
Le Parc d'éoliennes Centre Manche 1 et 2, au large de Barfleur.
C'est le parc le moins avancé, mais aussi de loin le plus important. 2 parcs sont en fait prévus, d'une puissance minimum de 1 gigawatts chaque, ce qui correspond à la puissance d'un réacteur nucléaire. Les éoliennes devraient être hautes de 300 mètres. Le parc devait initialement être situé à 12 km au large de Barfleur, un emplacement qui a suscité l'opposition de citoyens réunis dans l'association Eolarge. Finalement, il a été décidé que le parc 1 serait situé à 32 km au large de Barfleur et le parc 2, plus loin encore, à 43 km. Le Parc 1 devrait être mis en service en 2031 et le Pac 2 en 2032. Ces deux parcs devraient être capables de fournir en électricité plus de 1,5 millions de personnes.
Pêche, mammifères marins, oiseaux : quel impact ?
De nombreuses interrogations et inquiétudes sur les conséquences environnementales de ces 4 parcs d"éoliennes en mer se sont manifestées. Bien qu'une série d'études ait été menée, tout n'est pas encore connu à ce sujet. Ce qui est sûr, c'est que c'est la phase de construction qui provoque le plus de conséquences négatives, la phase d'exploitation devant être beaucoup moins impactante.
L'éloignement au large des côtes devrait limiter les conséquences sur la nature des parcs d'éoliennes. On estime par exemple que 75% des oiseaux de mer se déplacent à moins de 10 km des côtes, donc hors de la zone des parcs. Les deux principales espèces qui devraient être impactées sont les Fous de Bassan et les Goélands. Pour réduire les risques de collisions, il a été décidé de réhausser les éoliennes, pour que les oiseaux passent sous les pâles. La majorité des oiseaux volent en effet à moins de 30 mètres de haut.
Les mammifères marins, dauphins, marsouins ou phoques, devraient subir d'importants désagréments pendant la phase de construction. Le bruit engendré peut les impacter fortement, car ces animaux utilisent beaucoup le son pour se repérer ou pour chasser. Pendant cette phase, il a été prévu de mener une surveillance et d'effaroucher ces mammifères marins pour les éloigner.
La pêche devrait aussi être impactée, notamment pendant les phases de construction. L'éloignement des éoliennes les unes des autres, d'un kilomètre en moyenne, empêche la création d'une "effet barrière" sous l'eau et les courants marins ne devraient pas être modifiés. Une conséquence déjà observée des parcs éoliens en mer est la création de récifs artificiels. Sur les structures, algues, moules et anémones s'installent et attirent des poissons. On observe même que des mammifères marins fréquentent des parcs d'éoliennes à la recherche de nourriture.
Tout n'est pas encore connu sur les modifications en mer que vont engendrer ces 4 parcs d'éoliennes au large des côtes normandes, des modifications qui peuvent être négatives, mais parfois aussi positives.