La Ferme Culturelle du Bessin: très normande et très ouverte sur le monde

Une ferme des années 1700. Avec ses cochons, ses vaches et un coin pour y faire du cidre. Une ferme qui a traversé le temps et qui avait été laissée en friche dans les années 1980.

La bâtisse où l’on trayait les vaches abrite maintenant une salle de spectacle, un bar, des lieux de rencontres. 

Bienvenue dans la Ferme Culturelle du Bessin, un lieu surprenant où l’authenticité se mêle à l’audace. 

Elodie Huet à la Ferme Culturelle du Bessin

Elodie Huet dans “Jacinthe sonore ou le miaulement des pâquerettes”.

Elle est ancrée dans la culture et la langue normande, mais c’est aussi un espace d’innovations et de créations insolites. La Ferme Culturelle du Bessin est ce lieu où les habitants de la région peuvent tisser des liens, parce que tant d’événements très différents sont proposées. Et à tous âges. 

Un foisonnement d’activités

Des séances de tricots à des concerts de musique indienne, des animations pour enfants aux événements de Jazz, des mystérieux diners dans le noir aux saveurs du pain fabriqué sur place, des débats lancés par les cafés à thèmes aux échanges en normand, la Ferme Culturelle du Bessin propose une multitude de spectacles, d’animations et d’activités.

Logo de la Ferme Culturelle du Bessin

En 1997, Jean Fauchier Delavigne, qui est le propriétaire des lieux, et Marie Christine Teillant se lancent dans l’aventure du « Théâtre à la Ferme ». Les deux sont complémentaires : Jean a été inspiré par des expériences culturelles rurales dans d’autres régions, Marie Christine est comédienne et ancrée dans la culture normande. Une compagnie de cirque, des pièces de théâtre, des événements pédagogiques, quelques rénovations de fortune dans les bâtiments. Et c’est lancé. 

Aux débuts des années 2000, d’importants travaux sont réalisés pour remettre en état la ferme. Malgré des aides de collectivités territoriales, c’est un risque qui est pris. Les « nouveaux » espaces créés sont alors parfois loués, pour des fêtes ou des spectacles, ce qui contribue à assurer un certain équilibre économique. Le succès est au rendez-vous et, petit à petit, la Ferme se fait connaitre auprès d’un public avide d’expériences nouvelles. 

Dans ce début des années 2000, la Ferme devient un lieu où les milieux un peu « underground » de la région se réunissent parfois. Les fêtes « électro », qui se terminent au petit matin ne sont pas rares. Mais la sagesse routière et le respect du voisinage vont calmer ces ardeurs sonores. 

Si la techno a un peu passé son chemin ici, le Jazz, lui, a toujours été à l’honneur et il le reste. En fait, c’est à la Ferme Culturelle du Bessin qu’est née l’aventure de « Jazz dans les prés », un festival itinérant lancé par Guillaume Chevillard. Une aventure à succès, puisqu’un label en est né, ainsi qu’un groupe, la « Boujou Jazz Factory ». Comme son nom l’indique, cette formation fait « swinger » le terroir normand et ses traditions. 

Un espace de vie pour la langue normande

Le normand, la langue normande, occupe une place particulière à la Ferme Culturelle du Bessin. Dès 2004, des spectacles en normand sont montés. Des cafés normands sont organisés tous les mois, qui permettent de faire vivre une langue qui semblait disparaitre avec les plus anciens. 

Depuis 2022, la ferme accueille « Rabûqui » : Ce sont trois jours d’événements autour de la langue normande, dans le cadre des journées européennes du patrimoine.

Affiche de "Rabuqui" à la Ferme Culturelle du Bessin

Rabûqui ( prononcer Rabutchi ») signifie « remuer les braises pour raviver la flamme ».

C’est donc le vieux feu du normand qu’il s’agit de revigorer. 

«Cafés normands», mais aussi «Cafés à thèmes». Chaque année, plus de 40 «mini-conférences» sont organisées, sur des sujets les plus variés, parfois très locaux, parfois très lointains, comme l’Amérique Latine. Un influenceur à succès, Pierre « Le Cultivateur »  un ancien urbain lillois implanté dans la région, peut aussi venir prodiguer ses conseils à ceux qui se sentent d’avoir la main verte.

Tout un parcours

Depuis que l’aventure a été lancée, en plus de 25 ans, la Ferme Culturelle du Bessin a, bien sûr, connu des moments très hauts et des petits doutes. Il y a une dizaine d’années, l’équilibre économique a été, à un moment, tout juste maintenu. L’épisode de la pandémie a été un coup de frein. Mais la Ferme Culturelle du Bessin peut compter sur des partenaires solides et elle a toujours su faire perdurer un certain esprit.

En projet : une salle de spectacle de 170 places

Jean Fauchier Delavigne
Salle de spectacle de la Ferme Culturelle du Bessin

Jean Fauchier Delavigne présente les plans d’un nouveau projet : la réalisation d’une salle de spectacle de 170 places, qui remplacerait cet espace.

Pour ce projet, la Ferme Culturelle du Bessin pourrait bénéficier du soutien de la Communauté de Communes Seules Terre et Mer et du Fond Régional d’Art Contemporain.

La Ferme est reconnue comme un EVS, un Espace de Vie Sociale, par la CAF qui apporte un soutien régulier. Elle a créé une base forte de participants à ses événements : des parents d’aujourd’hui y amènent régulièrement leurs enfants. Des parents qui, 20 ans plus tôt, venaient s’y distraire, lors de spectacles conçus pour les enfants qu’ils étaient. Et surtout, la Ferme sait mélanger les publics : les événements proposés attirent des âges et des styles différents. La Ferme Culturelle du Bessin est là où se croiser et parfois faire connaissance. 

Une dernière petite chose. Si vous ne connaissez pas la Ferme Culturelle du Bessin et souhaitez y aller, à l’occasion d’un événement ou un autre, ne dîtes pas « On va aller à la Ferme Culturelle », ou « On va aller à la FCB » mais « On va aller à Varembert ». C’est l’ancien nom du lieu, que les habitués utilisent toujours . C’est le nom qui leur permet, un peu, de se reconnaitre entre eux. Mais, bon, on ne vous a rien dit…