Un petit dialogue entre deux soeurs, Deauville et Trouville 

Deauville : Comment ça va, petite soeur ?

Trouville : Très bien, mais je ne suis pas ta petite soeur. Si nous sommes soeurs, la grande, c’est moi.

Deauville : Ah bon, demande un peu à Paris qui est la grande soeur, pour voir. 

Trouville : Il faut que je te rappelle que j’existais bien avant toi ? Tu n’étais faite que de marais vides que j’avais déjà des milliers d’habitants sur mes collines.

Deauville : Moi, on me connait dans le monde entier. Le festival du film américain, c’est moi. Tu n’as qu’un petit festival à moitié québécois de court-métrages.

Trouville : Si tout le monde faisait comme toi, on aurait rien à manger. C’est moi qui ai les bateaux de pêche. Qui ramène tout. C’est pas tes yachts qui vont nourrir qui que ce soit.

Deauville : En attendant, mes yachts font plus rêver que tes bateaux de pêche à moitié rouillés. 

Trouville : Tu deviens impolie. C’est pas bien quand on se prétend élégante. 

Deauville : C’est parce que je t’aime tellement, petite soeur.

Trouville : Mais moi aussi, ma cadette.

Deauville : Il faudrait qu’on se voit, soeurette. 

Trouville : Mais bien sûr, ma benjamine.

Deauville : Sur les bords de la Touques qui nous sépare ?

Trouville : Oui, très bien. Un petit pic-nic. J’amènerai des crevettes pêchées du matin, avec mes bateaux de pêche, frangine. 

Deauville : Super, tu en profiteras pour dire bonjour de ma part à tes copines poissonnières. Moi, j’amènerai deux, trois petites choses toutes simples, rien du tout. 

Trouville : Super, j’ai toujours adoré ta simplicité. Et n’oublie pas de dire bonjour de ma part à tes copines du golf. 

Deauville : Avec plaisir, ma petite. 

Trouville : A bientôt, la petiote.